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Les Nuages de Magellan de Estelle Faye

QUATRIÈME DE COUVERTURE :

 

45e siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont les Nuages de Magellan, mais les expéditions pour y aller se font rares. Vingt siècles plus tôt, l’humanité a maîtrisé l’énergie sombre, une ressource quasi illimitée, mettant ainsi fin aux guerres pour les énergies fossiles. Ont suivi plus de mille ans de liberté, d’exploration, d’avancées… Puis, insidieusement, de nouveaux jeux de pouvoir et d’influence se sont mis en place, conduisant à la multiplication des hors-la-loi et des pirates. Un mythe court dans la galaxie, selon lequel des pirates auraient créé sur une planète une république idéale, hors du pouvoir des Compagnies. Dans l’un des derniers postes frontières avant les Nuages, Dan, une jeune serveuse idéaliste, chante de la country dans un bar pseudo-texan tout en rêvant de grandes métropoles stellaires. Elle est fascinée par Mary, une cliente taciturne dont on dit qu’elle aurait fait partie de l’expédition d’annexion de la planète légendaire.

 

MON SENTIMENT :

 

Tout d’abord, je dois avouer avoir flashé sur la couv’ avant même de lire la quatrième. Et comme le résumé promettait bien des merveilles, je me suis lancée et ai entraîné – au passage – ma collectrice de lecture commune préférée avec moi.

 

Après le coup d’éclat meurtrier des Compagnies pour endiguer toute rébellion future, nous découvrons Dan – jeune serveuse sans ambition, mais pleine de rêves – et Mary, femme coriace à la caouane usée par un passé tumultueux qu’elle tente d’ordonner, de se réapproprier malgré une mémoire déficiente.

 

L’ambiance du début est étrange, manque de promiscuité – trop feutrée, réservée –, laissant le lecteur sur le tarmac. Mais Mary – une pirate, une héroïne, un modèle – commence doucement à attirer notre attention par son introspection, à éveiller notre intérêt. Son passé mystérieux, jonché de tribulations excitantes, de promesses de voyages, d’exotismes – distribué avec une parcimonie presque énervante – entretient le mystère, exacerbe notre curiosité. Nous entraîne dans une convoitise tremblante. La piraterie ayant depuis la nuit des temps fait soupirer quiconque rêve de liberté.

J’ai trouvé, d’ailleurs, très accrochant le petit rituel hypnotique que Mary utilise pour se plonger dans ses souvenirs.

Les Nuages de Magellan de Estelle Faye
Les Nuages de Magellan de Estelle Faye

 

La seconde partie du livre – où l’histoire présente commence véritablement, prenant le pas sur le passé, se mêlant à lui pour le rattraper, le poursuivre – adopte un rythme plus entraînant. Dan prend le devant de la scène en gagnant en présence, en caractère.

Les paysages défilent, les rencontres se multiplient et le mystère grandit tout en se précisant. Les indices laissés çà et là depuis le début de la trame s’assemblent pour nous laisser deviner LE gros secret sans pour autant nous permettre de le confirmer réellement à cause de renversements de situation qui ébranlent nos convictions. On finit par douter, par se dire que l’on s’est fourvoyé.

Le doute persiste jusqu’au bout.

 

J’ai adoré certains évènements, rebondissements, qui nous submergent au cœur de l’action, au cœur d’un passé plein d’espoir, de liberté et d’illusions. Certains moments sont émotionnellement très poignants. J’ai eu la gorge serrée et les yeux brillants à quelques occasions. Et puis l’on se prend à rêver, à espérer à un futur idéaliste, libre, tout en s’attendant, au tournant, à voir s’imposer la réalité décapée pour tout gâcher. L’auteure joue d’ailleurs à merveille avec nos nerfs. Entre fantasme utopique et réalité dramatique, on se retrouve bringuebalé de l’un à l’autre sans savoir qui va l’emporter.

 

Une belle aventure de piraterie et d’amitié comme on les aime – version space-opéra – avec cette pointe de nostalgie inévitable pour ce qui fut, qui n’est plus, mais qui sera peut-être de nouveau un jour. Un bel espoir.

 

Et si j’ai eu un peu de mal à apprécier d’entrée de jeu les personnages, j’ai dévoré la seconde partie de ce livre avec une obsession addictive insatiable. J’ai ADORÉ les retournements de dernières minutes et cette fin des plus exaltantes !

 

Claytone Carpe

EXTRAIT :

 

« Pendant la nuit, le furtif avait laissé le salar derrière lui, à présent il survolait une mer démontée, des vagues gris vert frangées d’écume, à perte de vue. […]

Moins d’une heure plus tard, l’île s’annonçait sur leurs écrans radars. Liliam fit descendre le furtif au ras des vagues. Des embruns giclèrent avec la pluie sur le cockpit. Kieren ne put s’empêcher de noter :

– Si on descend un poil plus bas, on n’aura plus à s’inquiéter d’éventuels snipers, on finira broyés par la tempête, c’est une technique comme une autre... Lire la suite...

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